Après une petite pause de lecture dans la série «La petite maison dans la prairie», je me suis plongée dans le tome 5, By the shores of Silver Lake. Je pensais que l’histoire se déroulerait définitivement à Plum Creek où la famille Ingalls s’est installée après son départ du Territoire Indien. Eh bien, non. Et c’est là que je me rends compte que la série télévisée est très éloignée des livres et représente une œuvre à part entière.
L’histoire ouvre sur la famille Ingalls enfermée chez elle car très affaiblie par la scarlatine, maladie qui a rendu Mary aveugle. Cela fait trois ans qu’ils sont installés à Plum Creek et ils n’arrivent pas à vivre correctement des revenus de la ferme. Une tante de Caroline vient leur rendre visite à ce moment-là et propose à Charles de venir travailler pour les chemins de fer qui sont en train de se développer à l’ouest (dans le Dakota). Charles accepte et vend sa ferme aux voisins et voilà la famille repartie sur les routes.
Laura a 13 ans à ce moment de l’histoire et compte tenu du handicap de Mary a repris beaucoup de son rôle au sein de la famille, à savoir aider sa mère pour l’essentiel des tâches ménagères, avec l’aide de Carrie. Ce dernier personnage est bien plus développé que dans la série télévisée. Laura est toujours très curieuse des nouveautés industrielles, technologiques ce que ne comprennent pas vraiment sa mère et sa sœur Mary, qui sont en définitive des figures très traditionnelles.
Même si de nouveau, la famille Ingalls déménage, ce tome est celui de l’ancrage, de la stabilité enfin trouvée dans un pays en mouvements et en déplacements permanents pour la conquête des nouveaux territoires, lesquels le sont grâce à la disparition des Indiens. Il fait référence dans ce tome à l’extermination de tous les bisons de la plaine du Dakota pour affamer et chasser les Indiens. Ce qui a eu aussi pour conséquences de chasser les grands loups (Buffalo wolves). Ce sont des grands loups que Charles Ingalls était parti chasser qui lui feront découvrir la parcelle de terre qu’il demandera à avoir au titre de l’installation dans les nouveaux territoires. Il y a là un peu d’esprit indien, je trouve, un peu d’animisme. Souvent ce sont la nature et les animaux qui vont être un signe ou une alerte pour la famille Ingalls.
Je trouve que Laura a grandi dans un environnement familial assez ouvert sur le monde, tout compte fait. Charles Ingalls l’emmène voir la construction du chemin de fer et lui explique le rôle de chacun (un peu de taylorisme avant l’heure qui montre le changement d’une société qui devient industrielle).
Laura Ingalls a su retranscrire le fait que sa famille se pose enfin, qu’elle a une vie un peu plus facile, notamment au cours de l’hiver où ils vont tous vivre dans la maison des surveillants du chemin de fer, qui est une maison qui offre toutes commodités et nourritures.
Elle a su également rendre par son écriture le rythme de l’arrivée de tous les pionniers à partir de la fin de l’hiver. Comme il n’y a pas de logements encore construits dans la région, et que le gouvernement a incité chacun à prendre une parcelle de terre (le «homestead»), c’est une course contre la montre où les premiers arrivés seront les premiers servis.
En lisant ce livre, j’ai eu envie de grands espaces, de nature sauvage… je crois qu’en cela Laura Ingalls a su vraiment rendre tout ce qu’elle pouvait aimer de sa vie de pionnière.
By the shores of Silver Lake – Laura Ingalls Wilder – Editions HarperTrophy/HarperCollins Publishers – 290 pages